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Collecte de toponymes sur le Lawa

Le 15 mai 2017, les agents du Parc amazonien de Guyane ont poursuivi leur travail de collecte de toponymes sur le Lawa (nom du fleuve Maroni entre Maripa-Soula et Gran Santi), avec l’aide de Bertrand Pinson, doyen de Papaïchton. Effectuée sur le fleuve entre Maripa-Soula et Papaïchton, cette mission a permis aux agents de référencer de nombreux noms de lieux grâce aux précieux témoignages du porteur de connaissances.

Préserver le patrimoine culturel des communautés résidant sur le territoire est l’une des missions du Parc amazonien de Guyane. Les toponymes – les noms de lieux – sont des éléments clés qui traduisent le rapport des hommes à l’espace et au temps. Le Parc amazonien a engagé il y a plusieurs années un travail de collecte et de référencement de ces toponymes et s’efforce de restituer autant que faire se peut ce savoir afin de préserver et de faire vivre le patrimoine au fil des générations. Après avoir réalisé cette démarche sur la commune de Camopi, c’est désormais sur le Lawa que se porte ce travail de cartographie.

Bertrand Pinson

Ce lundi 15 mai, Pierre Joubert, responsable de la mission et de la cartographie, et Guillaume Longin, chargé de biodiversité, accompagnés de Félix Souena et Steven Eda comme piroguiers, et d’Hervé Tolinga, responsable de l’antenne de Papaïchton, ont effectué une mission sur le Lawa entre Maripa-Soula et Papaïchton avec Bertrand Pinson, porteur de connaissances originaire de Papaïchton. Avec une mémoire de la vie sur le Lawa de plus de huit décennies, Bertrand Pinson a permis aux agents de corriger et compléter les cartes existantes en collectant sur cette seule journée pas moins d’une soixantaine de points GPS. C’est donc au travers des yeux d’un doyen de 75 ans que nos agents ont pu découvrir une carte postale du Lawa des années 1950 et retracer son histoire.

Parmi les nombreuses anecdotes de Bertrand Pinson, les agents ont ainsi  appris que l’origine du nom du Lawa provenait certainement d’Haou Lawa, un important village d’orpailleurs (sur la rive surinamaise, derrière Lawa Tabiki) et qu’il y a encore soixante ans, alors que Maripa-Soula n’était qu’un kampou(village), Ancien Wacapou était le plus grand village du Maroni. Il s’y croisaient alors toutes les communautés : Créoles, Chinois, Saint-Luciens, Aluku, etc…

Cette expédition riche en partage et en émotion fût l’occasion d’échanger autour du patrimoine et de l’histoire du Lawa mais aussi de constater l’état de la rive surinamaise qui subit une déforestation minière de plus en plus importante, parfois sur des sites historiques.

Les données collectées lors de cette mission vont être présentées aux communautés d’habitants pour recevoir une dernière validation. Des cartes finalisées pourront alors être distribuées aux communes et aux écoles. Des cartes historiques pourront également servir de supports pour que les anciens puissent présenter l’histoire de leur région aux jeunes du fleuve.

2 commentaires

  1. Cippe

    Un beau partage d’informations , merci à tous ceux qui ont participé à cette collecte qui viendra enrichir l’histoire des habitants de notre pays .
    Nous espérons que les cartes à venir seront également accessibles sur votre site web pour ceux qui sont basés en dehors des frontières de la Guyane .

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  2. djo

    Bonjour,
    C’est un travail très instructif qui me tenait à coeur.
    Je vois cette nécessité également pour tous les autres cours d’eau : inini , ouaki, entre maripa et les villages du haut maroni…même jusqu’à saint Laurent.
    Je souhaiterais cependant entendre les autres communautés qui ont qq fois elles aussi des anecdotes ou bribes d’histoires et témoignages d’époques différents sur ces mêmes lieux.
    Cela revêt encore plus d’importance à mes yeux dans la mesure où la sédentarisation nous fait bouger de moins en moins et donc mutile nos expériences et, chose encore plus catastrophique, les garimpeiros sont en train de rebaptiser toutes les zones à tel point qu’il n’y a plus que des noms brésiliens sur les affluents Dorlin, Palo Fini, ouaki.

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