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Le Parc amazonien de Guyane se mobilise pour la COP 21

Actions | Gouvernance | Vie de l’établissement
La forêt guyanaise abrite un trésor : de gigantesques stocks de carbone forestier et des pouvoirs surprenants de régulation du climat. Un atout pour la lutte contre les changements climatiques... ou bien une bombe à retardement, si la déforestation s'intensifie© Guillaume Feuillet / PAG
La forêt guyanaise abrite un trésor : de gigantesques stocks de carbone forestier et des pouvoirs surprenants de régulation du climat. Un atout pour la lutte contre les changements climatiques... ou bien une bombe à retardement, si la déforestation s'intensifie© Guillaume Feuillet / PAG
Lever du jour sur l'inselberg Memora, bassin de l'Oyapock, dans le coeur du Parc amazonien de Guyane. © Guillaume Feuillet / PAG
Lever du jour sur l'inselberg Memora, bassin de l'Oyapock, dans le coeur du Parc amazonien de Guyane. © Guillaume Feuillet / PAG

La Conférence sur le climat s’ouvre ce lundi 30 novembre à Paris. 196 parties (195 États et l’Union européenne) doivent parvenir à un accord international sur le climat, afin de maintenir la hausse des températures sous la barre des 2°C d’ici 2100. En Guyane, le Parc amazonien agit à plusieurs niveaux contre le changement climatique.

Changement climatique : quels effets pour la Guyane ?

Les projections climatiques calculées par les modèles mondiaux du climat prévoient une augmentation des températures particulièrement forte en Guyane : de 2,6 à 3,7°C d’ici 2050. Les saisons seront plus marquées, avec des saisons sèches plus longues et plus sévères, et des saisons des pluies plus intenses. Ce changement climatique pourrait durablement affecter les écosystèmes et la biodiversité, et avoir des impacts importants sur les populations du littoral et de l’intérieur.

Le rôle essentiel des espaces naturels contre le réchauffement climatique

Les espaces naturels jouent un rôle fondamental dans la lutte contre le changement climatique, notamment dans la réduction des gaz à effet de serre. Sur les 3,4 millions d’hectares du Parc amazonien de Guyane, l’écosystème forestier stocke 1,08 milliard de tonnes de carbone (dont 650 millions en zone cœur). A titre de comparaison, 0,37 milliard de tonnes de carbone ont été émises en France en 2010 : cela représente un tiers du stock de carbone du Parc.

Champignon observé sur le Mont Itoupé. © Aurélien BRUSINI / aurelienbrusini.comMesurer les effets du changement climatique sur des sites de référence

Le Parc amazonien, son Conseil scientifique et des organismes de recherche partenaires ont ciblé trois sites de référence pour la mise en œuvre de protocoles de suivi à long terme du changement climatique. Il s’agit du Mont Itoupé (830m, Camopi-Saül), de la Montagne Bellevue de l’Inini (851m, Maripa-Soula) et des Monts Galbao (730m, Saül). Leurs massifs forestiers devraient en effet répondre de manière sensible au changement climatique. Afin de mesurer ses effets, des placettes de référence vont être positionnées sur ces sites. La prochaine mission scientifique sur le Mont Itoupé, qui se déroulera du 6 au 17 janvier 2016,  va permettre de compléter les connaissances déjà cumulées lors des précédentes missions. Il s’agit, in fine, de déterminer les espèces indicatrices du changement climatique et de définir les protocoles adaptés à leur suivi.

Des actions de sensibilisation au développement durable

Des actions de sensibilisation et de communication sont menées par le Parc dans le cadre de la stratégie d’Éducation à l’environnement et au Développement durable (EEDD). Elle s’adresse aux publics cibles intermédiaires (professionnels travaillant avec les enfants, associations, professionnels du tourisme etc.) auprès desquels sont menées des actions d’accompagnement, de conseil et de formation. Ces actions sont également menées directement auprès des publics cibles finaux (enfants, jeunes, habitants, visiteurs, professionnels, etc.).

Exploitation des ressources : définir avec les habitants des plans de gestion durable

Le Parc amazonien est engagé avec l’Office national des forets, certaines communes (Saül, Maripa-Soula) et les communautés locales dans une réflexion pour définir des plans de gestion durable, adaptés et multi-usages des massifs forestiers, dans le cadre de l’exploitation des ressources forestières.

Suivi de l’occupation des sols

Le Parc amazonien a créé l’Observatoire de l’occupation des sols (à partir d’images satellitaires) qui permet de caractériser la dynamique d’occupation des sols et de fournir un support concret de travail aux acteurs du sud de la Guyane.

Un fonctionnement responsable de l’Établissement

De nouvelles infrastructures du Parc amazonien de Guyane sont en cours de réalisation dans les délégations territoriales de l’Oyapock, du Maroni et du Centre. Elles sont conçues selon des principes de construction durable (label QEA – qualité environnemental amazonienne, architecture bioclimatique, etc.). Ces bâtiments sont complétés par des services autonomes associés, en matière d’énergie et d’assainissement des eaux usées notamment. L’utilisation des matériaux et des savoir-faire locaux est également privilégiée.

Palmiers et Glaciers du Parc National de la Sierra de Santa Marta, Colombie © G. Kleitz

Une déclaration sud-américaine présentée à la COP21

Le Parc amazonien vient d’intégrer le réseau Redparques, qui réunit les gestionnaires d’aires protégées d’Amérique du Sud et de la Caraïbe. Une déclaration commune a été présentée à la COP21. Celle-ci défend le principe que les aires protégées représentent une solution importante au changement climatique.
Le Parc amazonien de Guyane a pu rappeler l’importance d’un réseau efficace et bien géré d’aire protégées à l’échelle des pays et de la région pour assurer la réduction des émissions de gaz à effet de serre (déforestation évitée, séquestration du carbone), et le renforcement des capacités d’adaptation aux dérèglements climatiques (protection des côtes et des bassins versants, régulation des régimes hydrologiques, conservation durable des ressources et de la productivité des territoires etc.).

Vers une alliance avec nos voisins immédiats

La mise en place d’une alliance des aires protégées de l’Est du Plateau des Guyanes progresse. Un document a été diffusé par le Parc amazonien à l’ensemble des partenaires possibles, et en premier lieu au Parc national brésilien des Monts Tumucumac et au South Surinam Conservation Corridor, qui sont les voisins immédiats de l’établissement.
D’autres acteurs, comme les WWF France, Guyanas et Brésil, ainsi que l’organisation Conservation International, se déclarent très enthousiastes à l’idée d’une telle coalition. À Paris, à l’occasion de la COP21, la ministre Mme Ségolène Royal, l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) France, l’Agence Française de Développement et d’autres acteurs se sont montrés très intéressés à construire cette alliance. Reste à trouver une date de signature d’une déclaration commune d’intention, notamment avec les Brésiliens. Ceci devrait pouvoir se faire au tout début 2016. Une première réunion technique rassemblant plusieurs acteurs de la région devrait pouvoir se tenir à Maripa-Soula à la même période, afin de lancer l’élaboration d’un programme technique d’échange et de coopération inter-parcs.

Pour plus d’informations, téléchargez les documents ci-dessous :
Le Parc amazonien de Guyane et le changement climatique
Le rendez-vous du Parc national « Actu Sciences »

 

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