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Une colonie de Hérons agamis redécouverte à Elae

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Colonie de Hérons agamis près d'Elae © G. Cornaton / PAG
Colonie de Hérons agamis près d'Elae © G. Cornaton / PAG
Héron agami près d'Elae © G. Cornaton / PAG
Héron agami près d'Elae © G. Cornaton / PAG
Nid de Héron agami près d'Elae © G. Cornaton / PAG
Nid de Héron agami près d'Elae © G. Cornaton / PAG

Treize ans après un premier signalement, une équipe de la délégation territoriale du Maroni du Parc amazonien vient de redécouvrir une petite colonie de Hérons agami (Agamia agami) à proximité du village d’Elae sur le Haut-Maroni. Cette espèce, méconnue, figure au second rang des hérons prioritaires à préserver sur le continent américain.

Héron agami © G. Cornaton /PAG

Héron agami © G. Cornaton /PAG

Le Héron agami est un oiseau mystérieux. L’espèce, discrète, fréquente les petits cours d’eau du sous-bois et sort rarement du couvert forestier. Elle est, de fait, très difficile à observer. Il y a une quinzaine d’années, la découverte d’une colonie de plus de 2 000 couples dans un secteur isolé de la réserve naturelle des marais de Kaw-Roura avait ouvert les perspectives de connaissance de cet oiseau, dont seulement quelques colonies comprenant plusieurs dizaines de couples étaient connues en Amérique du Sud. Une importante étude de la colonie de Kaw-Roura a d’ailleurs été engagée depuis par le Groupe d’étude et de protection des oiseaux en Guyane dans le cadre du programme Life+ / CapDOM

Recherchée depuis 2013

A la même époque, en 2002, Cécile Richard-Hansen de l’ONCFS et Pierre Alounawale de la Mission pour la création du parc avaient également rapporté l’observation d’une colonie nicheuse de quelques individus à proximité d’Elae et qui, pour de multiples raisons, n’avait pu faire l’objet d’un suivi particulier. Entre 2013 et 2015, les équipes du Parc amazonien de Guyane ont donc essayé à deux ou trois reprises de retrouver une trace de cette petite colonie, sans succès. « C’est une espèce qui se disperse après la nidification. Elle n’est donc présente sur son site de reproduction qu’une courte période de l’année. Nous nous basions sur les dates connues sur la colonie de Kaw-Roura, c’est à dire de début février à mi-avril environ, explique Bertrand Goguillon, chef du service patrimoines naturels et culturels du PAG. Mais visiblement, la nidification des Hérons agami d’Elae semble plus tardive puisque nous venons de les retrouver en début de nidification en ce mois de mai». Une nidification tardive avait par ailleurs aussi été constatée par le GEPOG en 2013, sur le site de Kaw-Roura.

Une vingtaine d’individus et des nids

En effet, Pierre Alounawale, aujourd’hui piroguier-layonneur-charpentier à la délégation territoriale du Maroni, a eu la satisfaction lors d’un passage sur le site avec ses collègues, de constater la présence de ces discrets oiseaux autour d’une mare forestière qui semble temporaire. Gaëlle Cornaton, qui était à ses côtés, témoigne : « Nous avons vu au moins une vingtaine d’adultes et deux nids avec des œufs. Mais d’après Pierre, il doit y en avoir beaucoup plus aux alentours. Il y avait beaucoup d’eau et nous n’étions pas équipés pour nous approcher d’avantage. Nous allons y retourner pour préciser tout ça !» Le Parc amazonien de Guyane envisage d’ores et déjà de mettre en place un protocole de suivi de cette colonie de Hérons agamis : « il y a clairement un enjeu pour le parc à suivre de près cette colonie pour évaluer son importance sur le plan régional et pour étudier le fonctionnement écologique de ce site particulier qui semble attractif pour plusieurs espèces», complète Bertrand Goguillon.

Une autre surprise

© G. Cornaton / PAG

Comme un heureux évènement n’arrive jamais seul, Pierre et Gaëlle ont également rapporté l’observation du Grèbe minime (Tachybaptus dominicus) : une première pour le Sud guyanais et le territoire du Parc national. « Ils ont vu plusieurs individus, ce qui pourrait laisser envisager la présence d’une famille et donc de reproduction», s’enthousiasme Bertrand Goguillon. De nombreuses affaires à suivre donc autour de cette mare forestière !

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