Parc amazonien de Guyane
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On 30/10/2019
L’une des conséquences de l’orpaillage est de fortement augmenter la turbidité des cours d’eau, fleuves et rivières, en raison du creusement et de la destruction des sols. Mesurer la turbidité permet donc d’obtenir des informations sur l’activité minière en amont.
Confluence de l'Inini et du Maroni, à Maripa-Soula. L'eau particulièrement turbide de l'Inini, en raison de l'orpaillage illégal en amont, vient se jeter dans le Maroni © Guillaume Feuillet / PAG

 

En août dernier, le Parc amazonien de Guyane a publié un Observatoire de la turbidité du Maroni. Celui-ci donne accès à des mesures calculées par traitement d’images satellites, au travers d'une cartographie dynamique.

L'algorithme utilisé a été développé par le BRGM et financé par la DEAL. Il permet de calculer un indice de turbidité (mesuré en NTU) à partir de l'une des 12 bandes spectrales fournies par deux satellites SENTINEL (2a et 2b). Pour la petite histoire, ces deux satellites ont été lancés depuis la Guyane ; ils contribuent aujourd'hui à assurer une veille environnementale de ce "fleuve en partage" entre France et Suriname.

Les données sont disponibles par année, à partir de 2017. On y différencie trois niveaux d'indices de turbidité plus ou moins importants :

- du vert : 0 à 15 Ntu pour une eau peu turbide à claire,
- au rouge : plus de 30 Ntu avec forte suspicion de pollution.

Ces stations de suivi sont mises à jour régulièrement par le Parc amazonien. Sur l'interface en ligne, il est possible de sélectionner l'une des 14 stations virtuelles pour observer et comparer l'évolution de la turbidité des deux côtés du fleuve.

Les affluents du Maroni pollués par l’orpaillage, dans l’intérieur des pays, ne sont pas toujours visibles, certains étant protégés par la canopée. Or lorsque l'un de ces affluents rejette une eau turbide, cette eau ne se mélange pas instantanément dans le fleuve. Elle crée un panache qui va suivre la rive parfois sur quelques kilomètres avant de se fondre dans le fleuve. Ce suivi différencié des deux rives permet ainsi de voir les impacts de l'orpaillage réalisé d'un côté et de l'autre de la frontière.

Le souhait du Parc amazonien est d'alimenter une discussion sur les usages tolérés par les deux pays.

La web-cartographie a été développée par Fiona Prud"homme dans le cadre d'un stage de l'ENSG réalisé au sein du PAG

Le 7 septembre 2019, la forte disparité de turbidité trahit une pollution importante en provenance du Suriname.