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M. Felichi, sculpteur de tembe

Pagaie sculptées aux motifs tembe © G. Feuillet/PAG
Pagaie sculptées aux motifs tembe © G. Feuillet/PAG
Le coutelas, un des principaux outils © G. Feuillet/PAG
Le coutelas, un des principaux outils © G. Feuillet/PAG
Sculpture d'un tableau © G. Feuillet/PAG
Sculpture d'un tableau © G. Feuillet/PAG
Boite à outils de M. Felichi © G. Feuillet/PAG
Boite à outils de M. Felichi © G. Feuillet/PAG
Création de motifs tembe © G. Feuillet/PAG
Création de motifs tembe © G. Feuillet/PAG
Pagaie peinte aux motifs tembe © K. Joseph
Pagaie peinte aux motifs tembe © K. Joseph
Pagaie peinte aux motifs tembe © K. Joseph
Pagaie peinte aux motifs tembe © K. Joseph

Je suis né à Papaïchton en 1964. C’est mon père qui m’a transmis le gout et l’art du tembe. Ces objets sont fabriqués et utilisés depuis les temps anciens par mes ancêtres. Pour moi, c’est une activité de loisir que j’exerce au sein de l’association New Loukou, après mon travail, car la sculpture ne me rapporte pas assez d’argent pour vivre.

Vous sculptez plusieurs types de pagaies ? 

Les pagaies peintes et colorées sont destinées aux femmes. Même si elles peuvent s’en servir sur l’eau, ça reste plutôt un objet de décoration. Certaines femmes les sortent pendant les fêtes. En fait, les personnes qui les achètent les utilisent comme elles veulent (rires) ! En revanche, pour les hommes, je réalise des pagaies plus simples, plus grandes et plus robustes. Elles sont réellement utilisées pour pagayer. Je sculpte aussi d’autres objets tels que des bancs, des tabourets, des plateaux, des peignes. Toutes sortes de choses. On me les achète parfois pour faire des cadeaux, ou je les offre à mes enfants.

Pouvez-vous décrire les étapes de réalisation ?

La première étape est d’aller en forêt chercher le bois spécial. C’est le « bois pagaie » ou « bois cèdre » que l’on trouve dans les vallées des montagnes. Je choisis le meilleur morceau et je le dégrossis en lui donnant une vague forme de pagaie. Une fois arrivé au village, la deuxième étape est d’affiner, tailler la tête et le corps. Ensuite je trace les motifs au crayon, sculpte la tête et peint le corps à l’acrylique. Je mets environ six semaines pour fabriquer une pagaie sculptée et peinte.

Utilisez-vous des techniques ancestrales ?

Les techniques n’ont pas tellement changé, même si nous avons introduit quelques machines modernes qui nous permettent d’aller plus vite… En fait, il y a eu une petite évolution quand même. Mais, mes principaux outils de travail sont toujours les mêmes que ceux que mon père utilisait : le coutelas, le cutter, le compas…

Parlez-nous des motifs tembe que vous reproduisez…

Je décore mes objets avec des motifs tembe, soit peints, soit sculptés. Je peux faire plusieurs types de décors mais je ne connais pas les significations des motifs. Certains ont appris les messages « cachés » délivrés par les entrelas du tembe. Pour ma part, je ne l’ai pas appris. Pour réaliser mes motifs, je laisse parler mon imagination, même si parfois je recopie certains motifs traditionnels illustrés dans des livres.

Propos recueillis par Géraldine Jaffrelot, traduits par José Tolinga et Touine Kouata