La flore du parc est caractéristique du Plateau des Guyanes et présente ainsi des similarités avec celle de l’Amapá (Brésil), du Suriname et du Guyana. On peut souligner ici l’abondance des palmiers de sous-bois comme une forte caractéristique de la physionomie de la flore forestière.
Cette biodiversité floristique a une répartition assez hétérogène : un petit nombre d’espèces est représenté par un grand nombre d’individus alors qu’un grand nombre d’espèces n’est représenté que par quelques individus.
Ainsi, sur une surface de 7 ha de forêt guyanaise, on a compté 4.295 arbres de plus de 10 cm de diamètre, répartis en 411 taxons, dont la moitié n’était représentée que par un individu.
Flore forestière
La richesse de cette biodiversité floristique est directement liée à l’existence de nombreux types de forêt dont les différences de structure et de composition dépendent de facteurs multiples. Leur composition peut correspondre à des faciès géographiques caractérisés la prépondérance de grandes familles botaniques (faciès à Burseraceae, à Caesalpiniaceae, à Lecithydaceae, forêts à lianes…).
Ainsi, le sud de la Guyane, au climat plus sec, diffère du nord par des forêts moins denses (nombreuses ouvertures peuplées de lianes et de bambous), une forte abondance de la famille des Burseraceae (famille des « encens »), la présence de vastes étendues où la canopée est hérissée d’arbres morts (ce sont des individus de différentes espèces de Tachigali – les « tasi », qui sont morts après une forte fructification).
En règle générale, la typologie des forêts dépend en grande partie des sols, de la roche-mère et des formes de reliefs.
La flore forestière s’offre devant vous comme une véritable mosaïque à déchiffrer : arbres de diverses statures, arbustes du sous-bois, lianes, hémi-épiphytes et épiphytes, herbacées, saprophytes.
Diversité floristique
Chaque étage de la forêt depuis la litière et le sous-bois jusqu’en canopée, présente des caractéristiques floristiques propres. La diversité floristique est en effet liée également aux conditions environnementales qui évoluent au gré des différents étages de la forêt.
Ce rez-de-chaussée est recouvert d’un premier étage dense de buissons et de petits arbres s’élevant jusqu’à 15 mètres. Il s’agit de juvéniles d’arbres de la canopée qui attendent une ouverture, mais aussi d’espèces de sous-bois qui, ayant déjà atteint leur stade adulte, portent déjà fleurs et fruits. L’humidité ambiante favorise le développement de mousses et de lichens qui s’installent parfois à la surface des feuilles, ce sont alors des épiphylles.
Les plantes mobiles (comme la liane-franche Heteropsis jenmanii) sont assez fréquentes dans cette zone assez claire.
La canopée
La canopée enfin étale son dense tapis à une distance située entre 30 et 40m du sol. Elle est formée des couronnes ramifiée des arbres « du présent » (en opposition aux arbres juvéniles du sous-bois, cités précédemment), auxquelles s’ajoutent les houppiers des lianes. Les branches sont parfois couvertes de plantes épiphytes, utilisant les branches comme simple support, à l’inverse des parasites. Les épiphytes « strictes » étant dépourvues de racines plongeant dans le sol humide, leurs feuillages se sont adapté à la sécheresse : feuilles vernissées ou épaisses, réserve d’eau, plantes grasses comme la cactée Epiphyllum phyllanthus.
Une forêt en mouvement
Par ailleurs, la forêt est dynamique. Les chablis (chutes d’arbre), moteurs de la régénération naturelle, couvrent environ 1% de la surface forestière tous les ans. Ils se produisent à la faveur d’événements climatiques (en particulier les premières fortes pluies en fin de saison sèche) et laissent place à une succession de plusieurs types de végétation.
La forêt prend ainsi la forme d’une mosaïque où se jouxtent de petites surfaces de forêt d’âge, de structure et de flore différentes ; les formes les plus fréquentes étant les phases intermédiaires. Le massif forestier présente alors une dynamique temporelle qui, à un instant donné, confère une impression de grande hétérogénéité.
Enfin signalons que la flore du parc amazonien s’enrichit encore de la présence d’habitats particuliers et de formations végétales originales : savanes-roches d’inselberg, florule des sauts rocheux, cambrouzes, etc.
Les arbres sont par leur taille, leur volume et leur abondance l’élément le plus structurant de la forêt. Leur présence s’impose d’emblée au regard, contrairement à celle des autres végétaux, de taille plus modeste, qui passent parfois inaperçus. Les arbres constituent également la part la plus importante de la biomasse forestière avec près de 350 tonnes de matière sèche par hectare de forêt.
Le Parc amazonien abrite environ 1200 espèces d’arbres sur les 1700 estimées en Guyane. Un seul hectare de forêt renferme fréquemment plus d’espèces d’arbres différents que n’en comporte toute la flore de l’hexagone.
Leur diversité combine les constantes floristiques souvent communes avec celles du bassin amazonien et des particularités locales.
Les familles les plus représentées en nombre d’espèces d’arbres sont : Lecythidaceae (famille de « l’arbre à boulets de canon ») ; Sapotaceae (famille de la sapotille) ; Fabaceae ou Légumineuses (famille du wacapou) ; Burseraceae (famille des bois encens) ; Chrysobalanaceae (famille de la graine roche) ; Lauraceae (famille de la feuille d'argent).
Programme habitats, Grande waki à Maripa-Soula
Programme habitats, Grande waki Maripasoula Bertrand Goguillon Parc amazonien