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La charte est le document stratégique qui guide l’action de l’établissement public et des partenaires sur les territoires qui le concerne. La charte est le projet de développement durable et de protection des patrimoines naturels, paysagers et culturels pour les territoires du Parc amazonien de Guyane.

Approuvée en conseil d’Etat par décret n°2013-968 du 28 octobre 2013, elle définit le projet du territoire pour les 10 à 12 ans à venir. Elle concerne à la fois le cœur de parc, zone de protection, et l’aire d’adhésion, zone de développement durable.  Entre 2013 et 2015, la totalité des 4 communes ont adhéré à ce projet collectif.

Comité d'évaluation de la charte

Évaluation de la Charte : synthèse des réponses aux huit questions clés

 

1. Dans quelle mesure les objectifs et orientations de la Charte sont-ils toujours pertinents, au regard des besoins du territoire (évolution du contexte, enjeux et défis) ?


La charte est issue d’une large concertation. Elle reste pertinente et adaptée aux besoins du territoire. L’établissement s’est impliqué sur l’ensemble des enjeux. Cependant, le manque de priorisation des actions et certains objectifs non atteints comme celui d’éradiquer l’orpaillage illégal, ont créé un fort décalage avec les attentes des habitants et des élus. Perçu comme l’acteur unique de la mise en œuvre de la charte, l’établissement a concentré autant les critiques que les éloges.


2. Dans quelle mesure le projet de parc national a-t-il réussi son ancrage territorial et a facilité l’engagement des acteurs du territoire au service des orientations de la charte ?


L’établissement est perçu comme un acteur central et bien ancré grâce à ses délégations sur chacune des communes, à ses agents majoritairement issus des territoires et à ses partenariats locaux. Cette proximité a facilité le dialogue et l’adaptation des actions aux réalités des territoires. Cependant, la méconnaissance de la charte, la confusion des rôles, le turn-over régulier des équipes et les instances jugées peu accessibles, ont limité l’implication de certains habitants et partenaires.


3. Dans quelle mesure les moyens mobilisés ont-ils permis de mettre en œuvre les orientations prévues et de produire les résultats attendus ?


Le Parc a disposé de moyens limités malgré l’immensité du territoire et ses défis (LCOI, enclavement, rattrapage structurel, …). La diversification des missions l’a conduit à intervenir souvent hors du rôle d’un parc national, renforçant la confusion sur ses responsabilités et les critiques associées.


4. Dans quelle mesure la charte (les réalisations et projets menés) a permis la préservation du cadre de vie et la pérennisation des activités traditionnelles, tout en préservant les ressources ?


Le Parc a travaillé à l’acquisition de connaissances et assisté les populations locales dans la gestion des ressources naturelles. Cependant, la préservation des pratiques et des milieux est restée difficile, dans un contexte de changements sociaux, de pressions environnementales et de cohabitation complexe entre coutume et réglementation.


5. Dans quelle mesure la mise en œuvre de la charte aura permis de lutter contre les activités d’orpaillage illégal et de limiter les impacts sur le territoire ?


Le Parc a mobilisé des moyens humains et financiers importants dans la lutte contre l’orpaillage illégal, pour des actions de surveillance et destruction de sites. Malgré quelques avancées localisées et une implication majeure de l’établissement dans un dispositif HARPIE piloté par l’Etat, l’éradication est restée hors de portée.


6. Dans quelle mesure le Parc a permis de produire et partager l’état des connaissances sur le territoire ?


L’établissement s’est affirmé comme un acteur majeur de la production et du partage des connaissances, qui constituent des missions centrales d’un parc national. Pourtant, malgré des outils performants et des démarches participatives, le manque de moyens et les attentes centrées sur l’orpaillage ont limité la diffusion et l’appropriation locales et minimisé la portée du travail effectué.


7. Dans quelle mesure la mise en œuvre du projet de territoire aura permis la reconnaissance et la valorisation de la diversité culturelle ?


Le Parc a contribué à valoriser la diversité culturelle en soutenant des projets en faveur de la transmission des savoirs, la sauvegarde des patrimoines ou l’organisation d’événements dédiés. Ces actions ont renforcé la visibilité des cultures locales, et sont restées centrées en majorité sur l’intérieur et peu vers le littoral ou l’extérieur.


8. Dans quelle mesure la mise en œuvre de la charte aura participé à mettre en place les conditions d’un développement endogène ? en particulier dans le domaine du tourisme ?


La mise en œuvre de la charte a contribué à soutenir l’émergence de filières locales et le rattrapage des services essentiels, tout en accompagnant le développement d’un écotourisme ciblé, surtout à l’ouest. Ces avancées ont amorcé un développement endogène dont l’ampleur reste limitée, en raison notamment de l’enclavement, d’un manque d’ingénierie ou des volontés locales.


Source URL: https://www.parc-amazonien-guyane.fr/le-parc-amazonien-de-guyane/la-charte-du-parc-amazonien