Parc amazonien de Guyane
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Billet d'humeur par Audrey Thonnel, Technicienne Recherche & Développement au Parc amazonien de Guyane.

Après la Mamilihpan en 2018 et le Haut-Koursibo en 2019, le site de Gros Saut, sur le Grand Abounami (nord-est de Papaïchton) a été identifié cette année pour accueillir une mission d’exploration naturaliste d’envergure. L’enjeu est de taille : il s’agit de combler le déficit en connaissances naturalistes de ce secteur, l’un des moins connus de Guyane. Cette mission bénéficie d’une subvention de 8 000 euros de la GMF, que le Parc renforce par 30 000 euros de fonds propres en plus de la mobilisation de ses agents.

Après des mois de préparation, avec moult surprises et rebondissements, quatre agents du PAG, un habitant d’Antecume Pata et un reporter ont décollé ce lundi 9 novembre de Cayenne et Papaïchton... Direction : Gros Saut !

© Tanguy Stoeclé

Gros Saut – Bonne mission !

Lundi 9 novembre, c’était le grand jour.

Après bien des rebondissements logistiques, humains et administratifs (jusqu’au dernier jour, on ne nous aura rien épargné !) ;
Après une absorption de l’aléa reconfinement de la métropole (non mais l’attestation du samedi pour le dimanche, vous y croyez-vous ??) ;
Après avoir testé tout le monde pour vérifier l’absence de CoVID (y compris Tanguy qui en avait subi un quelques jours plus tôt) ;
Après 15 rappels à l’ordre qu’il n’y aura pas de vie-sociale-entre-le-test-et-le-départ ;
Après avoir rempli un avion privatisé à ras bord ;
Après avoir imbriqué Cédric dans un hélico rempli au chausse-pied….

ILS Y SONT ENFIN !!!

Pour certains, la journée a débuté à 6h du matin mais une fois sur site, il faut encore décharger les hélicoptères, installer le camp, constater les oublis (« Allo ?! L’Agence Tous Risques ? »)… Et s’effondrer sous les bâches, dans le confort d’un hamac douillet, bercé par le ronronnement du Saut et les chants de la forêt.

Mardi, on passe aux choses sérieuses...

(Entre parenthèse)

Depuis la dépose, il s’en est passé des choses…

Un des GPS qui refuse de s’allumer, 2 sacs de matériel manquants… Bon, ça arrive. Personne ne s’inquiète car nos gars ont suffisamment d’expérience pour affronter tout ça et se débrouiller en attendant que l’Agence Tous Risques du PAG leur fasse déposer ce qu’il faut. (« Dérouter un hélico ? Heu… On gère ! »)

Malgré ces petits couacs de départ, les carbets se sont parés d’un beau bleu, les canoës gonflables ont repris du volume, le saut a pris ses fonctions de support de vie. A la fois baignoire, lave-linge, refroidisseur de retour de terrain, le saut pousse également à la contemplation...

A tour de rôle, un des 5 membres de l’équipe reste sur le camp et se repose. Il a la charge de faire la vaisselle du repas de la veille, d’entretenir et de surveiller le camp, de préparer le repas commun du soir, de passer l’appel sécurité quotidien, de collaborer avec notre reporter… Admettons-le, être l’intendant du jour, ce n’est pas si reposant que ça finalement…

Mais bon, on est pas là pour rêvasser non plus !

Instants volés de la vie d’un campement scientifique en forêt amazonienne… © Tanguy Stoecklé

Pas à pas dans les IKA

On vous a parlé de logistique, de camp, de poésie aquatique, de l’intendance mais les journées s’articulent principalement autour du comptage de grande faune.

C’est maintenant que nous bénéficions du travail réalisé lors de la préparation musclée qui a eu lieu en septembre. Sur 4 layons de 3 km, le protocole IKA (Indice Kilométrique d’Abondance) se déroule au rythme de l’escargot. Les 4 compteurs sont isolés toute la journée chacun sur leur layon, chaque observation faisant l’objet d’une prise de mesure au télémètre laser et de prises de notes.

Autant dire qu’au retour le soir, après avoir passé 10h debout, ils sont cuits par la fatigue…

Si vous comptez bien, on a mentionné 5 travailleurs (5 compteurs + 1 intendant). Sauf qu’ils sont 6 ! Le 6e, c’est notre reporter, Tanguy Stoecklé, de la société de production Noctilio. Il a la charge de documenter en photo et vidéo les 3 semaines de travaux qui vont se dérouler sur le secteur. D’ailleurs, si vous voyez Guillaume Longin au travail, c’est grâce à son objectif (et un peu de mise en scène pour ne pas perturber les protocoles…)

(Entre parenthèse)

Une mission en site inexploré, ça ne peut pas s’organiser du jour au lendemain.

Outre toute l’organisation du déroulé des inventaires et tout ce qui gravite autour (hélicoptères, scientifiques, matériel, sécurité, tests covid, etc), il est nécessaire de préparer le site lui-même.

En septembre, notre Délégation Territoriale du Maroni du Parc amazonien a envoyé des agents forestiers, layonneurs, piroguiers... Une belle équipe d’une dizaine de gros bras !

Equipés de 2 pirogues de 12m, de tronçonneuses, des sabres,  etc., nos gars ont sacrément bien bossé. Outre le trajet, en 10 jours, ils ont ouvert une zone de poser d’hélicoptère, tracé 4 layons de 3 km et aménagé un campement biodégradable. Car soyons honnêtes : oui, nous « ouvrons » une zone inexplorée mais nous veillons à ce qu’elle puisse se « refermer » rapidement derrière notre passage…

Le but : trouver le juste milieu entre aménager de bonnes conditions de travail et respecter au maximum la résilience des milieux.

L’équipe en charge de l’organisation de la mission reste baba devant leurs capacités… Et ce n’est pas tout ! Au passage, ils ont réalisé quelques repérages sur les habitats naturels à proximité du site, découvert quelques polissoirs et relevé quelques infractions sur le chemin !

Ouverture de la DZ (« Drop Zone » ou zone de poser d’hélicoptère) © François Bagadi PAG

Chroniques d'une rotation d'équipe

Le mardi 17 novembre, c’était un changement d’équipe sur Gros Saut. 5 retours, 7 arrivées, 1 resté sur place. Dit comme ça, c’est simple. Mais en fait, c’est un vrai feuilleton à rebondissements…
Allez, on vous fait un résumé, pour le sport !
Déjà, ça se prépare bien en amont : conventionner pour missionner tout le monde (on vous épargne les détails passionnants de la paperasse administrative…), récolter les déclarations APA, faire des demandes d’accès en Cœur de Parc et montrer patte-blanche au Conseil Scientifique, réserver les transports cumulant l’affrêtement de 2 vols privés, les rotations d’hélicoptère, le taxi, les créneaux de test COVID, imposer des charges à chacun... La phase pas très passionnante, quoi.
Ensuite, c’est la check-list une semaine à l’avance : donner le calendrier et les timings à chacun, faire la police pour le respect des charges, confirmer les passagers et le fret de chaque vol (hélico et avion)… La phase « Big Brother ».
La veille, c’est le début de la bataille : réaliser les tests COVID, apprendre qu’un des experts est blessé (mais quelle idée les palmiers de Guyane ont-ils de se vêtir d’épines d’oursin ???), assurer une nouvelle cellule de crise « Komenkonfé avec un joueur en moins ? », avoir 50 appels pour voir les autres participants décider qu’ils gèreront ensemble la situation sur le terrain (merci les gars, vous êtes nos héros !), récupérer le matériel de prélèvement d’ADN environnemental auprès du livreur à 18h00 (mention spéciale à la Douane… Ou pas…), commencer à collecter les sacs et touques et avoir une sueur froide sur le volume… La phase du « rush avant départ ».
Et puis c’est le jour J. Le jour « Rock’n roll ».

Réveil au milieu de la nuit : Est-ce que ça va rentrer dans les hélico ? Est-ce que tout va se dérouler comme prévu sur le papier ? Comme on dit en Guyane : « Si Dieu le veut »…

5h30 : 3 participants se rassemblent pour charger le minibus, direction l’aéroport pour le premier décollage à 7h. Les autres viendront directement de Kourou pour la suivante.

7h : Mais où est l’avion ? L’avion a dormi à Camopi. Ah. La journée va être looooogue…

Finalement, les rotations d’avion ont 1h30 de retard, l’hélico a été allégé d’un siège pour faire rentrer tout le matériel, le réseau téléphonique était en rade à Maripasoula, le taxi introuvable… Faut jamais paniquer dans ces cas-là. Ca pourrait énerver mais c’est le rythme local qui veut ça. La Guyane, c’est passionnant, parfois désorganisé mais riche d’expérience et de « systèmes D ». Et comme on est l’ « Agence Tous Risques » du PAG, on avait prévu large avec le lien entre l’hélicoptère et ceux qui venaient par avion/taxi !

Quand, à 17h15, on reçoit le magique « Bien arrivés à Gros Saut. On est au camp et tout le monde est bien installé. Site magnifique. Tanguy te fais suivre une clé de photos. A demain », on a presque envie de sortir le cigare et de prononcer le fameux « J’adore qu’un plan se déroule sans accros… ».

Personnellement, je me suis contentée de me servir un verre de vin, de faire un retour sécu-déroulé de la journée en interne, d’informer les proches…

Et de dormir 10h d’affilées…

Et voici donc Gros Saut vu depuis un drône, porte du cœur du parc national, joyau du Grand Abounami… © Tanguy Stoeckle

Retour d'IKA

On profite du retour de nos Ikaïstes pour vous faire un petit bilan. Parce que c’était vraiment chouette apparemment. On en a même un qui ne voulait pas rentrer d’ailleurs…
Le protocole « IKA » (Indice Kilométrique d’Abondance) est valable à partir de 150 km parcourus sur la zone. À raison de 24 km par jour (4X3 km aller-retour), nous avions besoin d’un minimum de 7 jours. 6 km/jour à « 2 à l’heure », c’est crevant, surtout quand on doit rester attentifs tout du long. Ainsi, il est nécessaire d’être à minima 5 pour le faire.
La composition de l’équipe d’ikaïstes a beaucoup évoluée en amont, jusqu’à la dernière minute : plusieurs des agents ciblés se trouvant malheureusement dans l’impossibilité de se rendre disponibles. Pour être honnête, on s’est fait quelques cheveux blancs jusqu’au moment du décollage de l’hélico… Super combo de sueurs froides, caféïne et explosion des forfaits de communication…

Sauf qu’à la délégation territoriale du Maroni, ils sont super malins (mais genre champions du monde de « malinitude » – ça se dit ça ?) : des habitants avaient été formés pour contribuer à ces protocoles. Du coup, notre chef de mission, Guillaume, a pu solliciter l’un d’eux pour un remplacement d’agent de dernière minute. Contacté le samedi, il était dans une pirogue le lundi matin pour un décollage le lundi après midi ! Cette vacation a tout d’abord sauvé la mission et s’est en plus révélée trèèèès positive : Alikumalé s’est trouvé être d’emblée compétent et motivé par ce travail. Avec sa bonne humeur et ses yeux affûtés, il a apporté une sacrée contribution à la mission.

Cette mission a été revigorante pour nos agents, tant sur la cohésion humaine que sur l’état de nos milieux naturels. Ce n’est pas tous les jours qu’on voit un couple de tapir à quelques mètres ! Elle a également montré l’intérêt de former les habitants à ces protocoles et de démontrer leur motivation.

Super travail les gars !!!

(Entre parenthèse)

Malgré les histoires de GPS, de canoës gonflables, et quelques averses, ce sont :

154 km qui sont parcourus avec… 275 contacts de faune 

Si le nombre d’espèces est similaires aux zones chassées (environ 35), le nombre de contacts est par contre près de deux fois supérieur au dernier comptage Ika d’Antecume-Pata en zone chassée (148).
Qualitativement, les espèces sont par contre très différentes.
Pour exemple, 31 contacts avec les Hocco contre 0 à Antecume-Pata, 42 contacts avec les singes atèles contre deux seulement à Antecume-Pata.

Saison sèche sous la pluie !

Suite aux IKA, nous avons envoyé une équipe d’experts naturalistes afin de réaliser quelques inventaires naturalistes.

Curieusement, en saison sèche, on vise les milieux aquatiques : poissons, crevettes, habitats aquatiques, ADN environnemental.... Ça pourrait étonner mais il y a une logique derrière ce choix : niveaux d’eaux et débits praticables, turbidité moindre, visibilité aquatique au poil, vêtements et matériel qui peut sécher…
Sauf que le ciel a décidé d’ouvrir les vannes le jour de l’arrivée de l’équipe. (Bon, c’est pas comme s’il n’était pas prévu qu’ils passent leurs journées à l’eau non plus…)

Avec Tanguy Stoecklé, ils sont désormais 8 là-bas : 2 ichtyologues du laboratoire Hydreco, 2 de la fondation Biotope, 1 carcinologue de Wano, un stagiaire comm’ du PAG et Clément, notre agent PAG chef de mission.

Rien n’arrête ces bonhommes !
Même s’ils n’ont pas aperçu le soleil pendant 1 semaine,
Même s’ils ont un « joueur » d’Hydreco en moins,

Même si l’eau du saut peut monter de 50 cm en 24h,

Même s’ils y laissent leur chapeau sur un site en crue (et le criquot forestier qui gonfle d’un mètre cinquante en 1 jour, vous y croyez, vous ?!!)
… et même s’ils ont dû adopter des looks de chiens mouillés ou de héron bleu-fluo sortant tout droit d’une discothèque dans années 80…
 

Dernière tentative de pêche électrique dans le saut… © V. Ruffray

Nasses, pêche électrique, « tabasse », aquariophilie forestière, tout est mis en œuvre pour inventorier la faune aquatique. Le saut a tellement grossi que nos experts ont rapidement dû abandonner l'inventaire et se sont concentrés sur les affluents. Si le nombre d’espèces n’est pas mirobolant (ceci dit, on est encore à mi-inventaire et on est pas à l’abri d’une éclaircie), il y a de belles trouvailles. Notamment le trèèèès rare Farlowella rugosa décrit de Papaïchton ! Et des trucs « kondirai » des nouvelles espèces… Et des « poissons-branche »… Et des « poissons-crayons ».. Et des « poissons-pingouin »… Avec un bestiaire comme celui-là, je peux vous assurer que les appels sont suréalistes !! Et pourquoi pas un « poisson-baignoire » ou la « crevette-baguette-de-campagne » pendant qu’on y est !

Côté crevettes, il y aura un gros boulot d’identification à faire au retour car c’est une discipline toute récente en Guyane.

Pour les scorpions, pour l’instant, on a le « fond commun » des espèces forestières.

Et tant qu’à avoir un peu de pluie, autant que ça tombe vraiment… et avoir une reproduction explosive de grenouilles juste à côté du camp !!... Etant donné que cet évènement naturaliste n’intervient qu’une fois par an pendant 2-3 jours, c’était hautement improbable et inespéré ! Heureusement qu’un des gars de la fondation Biotope est également herpétologue !! Pour une saison sèche, ils ont cumulé 35 espèces dont une cténophryne rare (moins de 5 stations en Guyane).

Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille…

Saison sèche ? Hin hin hin…

C’est sans compter sur 2020 !

Belle saison sèche, n’est-ce pas ?? © Vincent Rufray

Nouvelle rotation, nouveaux joueurs !

Le 24 novembre, nouvelle rotation hélico !

Si les experts de la fondation Biotope poursuivent leurs travaux sur les poissons et habitats aquatiques et Wano sur les crevettes et scorpions, nos deux participants du laboratoire Hydreco repartent pour laisser la place à … 5 personnes !

Ainsi, François Bagadi, notre moniteur forestier, accompagne 4 agents de l’ONF venus appliquer le protocole « Habitat ». Comme il est impossible de cartographier chaque arbre du secteur, l’ONF a élaboré un protocole conjuguant diagnostique forestier, géomorphologie et pédologie le long de 4 layons rectilignes de 3 km. Dites donc, ça ne tomberait pas bien ça, par rapport au protocole IKA ? (comme la nature est bien faite, hein ?!) Ainsi, au menu pendant 3 jours et demi : des noms latins, de la mesure d’arbres, du carottage de sol… Et au pas de charge s’il vous plaît ! Miam !

Nos reporters sont toujours sur site, Tanguy depuis le 9 et Olivier depuis le 17 novembre. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ne ménagent pas leur peine pour photographier et filmer tout ça. Tanguy et Olivier commencent à 6h du matin pour s’effondrer dans leurs hamacs à 23h… C’est des fous furieux de l’objectif ! Alors on leur a fait un cadeau : comme on a été économe sur nos rotations hélico, on les réinvestit dans un survol de prises de vues autour de Gros Saut, avec Clément Lermyte en guide...

Harnais, portes ouvertes, grand air et rock’n roll garantis !!!

Clap final... pour cette fois-ci !

Enfin ! Ils sont tous rentrés ! On a même pas eu de pertes !

Entre la dépose des ikaïstes le 9 jusqu’au dernier décollage de ce dimanche 29 novembre, il s’est écoulé 20 jours.

  • 1610 kg de matériel
  • 1823 kg d’humains
  • 19 participants (sans compter la mission de préparation du site)
  • 155 homme/jour d’expertises grande faune, poissons, crevettes, scorpions, habitats et de suivi photo/vidéo
  • 18 vols en hélicoptère HDF entre Cayenne /Gros Saut/Papaïchton dont 4 de matériel et 2 en filets (+1 coup de pouce d’HélicoJyp pour un sauvetage « colis »… Merci !!)
  • Environ 215 aller-retours à Félix-Eboué… (désolée pour ce manque de précision : on a perdu les comptes…)
  •  5 vols en avion
  • 3 canoës gonflables (merci aux piscines Desjoyaux pour les rustines !)
  • 2 groupes électrogènes
  • 1 final dantesque à base de « y’a pas de place pour les 8 mais si il y en a 4 finalement 7 mais faut en choisir un qui restera puis deux dormiront à l’hôtel ». (Vous y comprenez quelque chose ? Non ?! C’est normal…)

20 jours d’immersion sur un site incroyable.

20 jours de gros mots latins, de vie en communauté sous bâches, de naturalisme intensif complètement rock’n roll.

20 jours de veille sécu, d’appels à toute heure, de tableaux de charges des rotations, de gestion de petites ou grosses galères à distance

Maintenant que tout le monde est rentré, on peut laver, contrôler et ranger le matériel, reprendre une vie normale voire hiberner...

On se retrouve en mars pour de nouvelles aventures sous la pluie !!

Les peuples autochtones ont occupé le terrain puisqu’on y trouve des polissoirs sur les roches. Cramaba ! Gros Saut n’est pas si inexploré que ça au final… © Johan Chevalier