Parc amazonien de Guyane
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Suivi d’espèces emblématiques

Le Parc national a pour mission de contribuer à la conservation d’un patrimoine naturel exceptionnel. Des protocoles de suivi sont mis en œuvre sur des espèces animales et végétales.

Astrocaryum minus

Astrocaryum minus est un palmier extrêmement rare, une espèce probablement relictuelle. Quelques pieds ont été inventoriés sur deux stations en Guyane (Saül et Réserve du Mont Matoury) un pied dans sa localité-type a également été répertorié à l’ouest de l’Amazonie brésilienne près du Pérou. Ce palmier est donc soumis à un haut risque d’extinction sur son aire de répartition. L’espèce a été reconnue comme espèce dite « Grenelle » au même titre que Bactris nancibaensis. Ces végétaux ont été déclarés prioritaires en termes de conservation au plan national, devant faire ainsi rapidement l’objet d’un plan d’actions pour leur préservation. C’est pourquoi, le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement a mis en place un programme d’actions de conservation en faveur de cette espèce intégralement protégée.

Chaque année, le Parc national effectue sur Saül, un repérage, comptage et description des différents pieds. Pour le moment, plus de 40 pieds ont été identifiés et de nouveaux pieds ont encore été découverts l’an dernier.

Héron Agami

Le Héron agami est un oiseau mystérieux. L’espèce, discrète, fréquente les petits cours d’eau du sous-bois et sort rarement du couvert forestier. Elle est, de fait, très difficile à observer.

Le Parc amazonien de Guyane est membre du Héron agami Working Group, groupe regroupant des gestionnaires d’espaces sur lesquels cette espèce abrite des colonies. En 2015, treize ans après un premier signalement, une équipe de la délégation territoriale du Maroni du Parc amazonien vient de redécouvrir une petite colonie de Hérons agami (Agamia agami) à proximité du village d’Elahé sur le Haut-Maroni. Cette espèce, méconnue, figure au second rang des hérons prioritaires à préserver sur le continent américain. En Guyane, seules deux colonies, de tailles très différentes l’une de l’autre, sont connues. Il s’agit de celle d’Elahé comptant une trentaine de nids et de celle située sur la réserve naturelle régional de Kaw qui elle comptait plus de 1 600 nids en 2017. Ce n’est pas la plus grande des colonies puisqu’en juin 2017, la Tapiche Jungle Reserve au Pérou comptabilisait plus de 15 000 nids !!!

Une étude génétique des colonies de Guyane et de quelques autres pays est programmée en partenariat avec l’Université de Miami. Elle permettra d’en savoir plus sur les liens de parenté entre colonies et leur état.

Loutres et tapirs

Les espèces Pteronoura brasiliensis et Tapirus terrestris ont été designées comme espèces à enjeux de connaissance et de conservation par le CS du PAG. Grâce à un partenariat avec la GMF, un suivi régulier de leurs populations pourra être mis en œuvre en 2018. Ce suivi contribuera à l’évaluation des impacts directs et indirects des activités d’orpaillage illégal.

Les loutres géantes (Pteronoura brasiliensis), grandes consommatrices de poissons carnivores situées au sommet de la chaîne alimentaire, peuvent-être considérées comme des indicatrices de la qualité des écosystèmes aquatiques. « Ces animaux ont de fortes exigences écologiques. Elle ne peuvent pas se maintenir durablement dans un milieu perturbé » explique Benoit de Thoisy, directeur de Kwata. Dans un territoire en proie permanente à l’orpaillage illégal, le suivi de ces populations, permet au PAG de disposer d’éléments concrets sur l’impact écologique de ces activités. A titre d’exemple, alors qu’en 2006, l’Inipi était le site le plus riche en loutres géantes, le comptage de 2013, en pleine période d’accroissement des activités illégales d’orpaillage, n’en a recensé aucune.

Les inventaires sont réalisés en prospectant des tronçons de rivière d’environ 15 km le long desquels les scientifiques notent tout signe d’activité récente des loutres géantes : empreintes laissées dans la boue, les catiches (terriers), les excréments, les grattages territoriaux sur les berges ou les troncs, le nombre d’indices de présence trouvés au kilomètre de berges propectées. Le nombre obtenu sert ensuite de base de comparaison d’abondance des loutres entre les différents sites inventoriés.

Par le même protocole, des traces de présence des tapirs seront recherchés. Le tapir est une espèce moins sensible à la qualité des cours d’eau. En revanche, la recherche de traces de présence permettra de dire si, sur ces cours d’eau orpaillés, l’espèce est chassée ou non. Cette donnée permettra de relever un impact environnemental indirect.

Plus d'infos sur le site de l'association Kwata