Parc amazonien de Guyane
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On 03/02/2021
Dans le cadre du programme Terra Maka’andi, les habitants de Camopi ont fait remonter en janvier certaines inquiétudes quant à la présence de chauves-souris dans et aux abords des logements. Lucie Béague, médiatrice à Camopi, a souhaité programmer la venue de chiroptérologues (spécialistes des chauves-souris) afin de sensibiliser la population à la cohabitation entre hommes et chiroptères et à leur intérêt dans l’environnement.

Les naturalistes Sylvain et Quentin Uriot (de Lasiurus) sont intervenus dans la semaine du 18 au 21 janvier dans la commune.

Une semaine marquée par deux temps forts :

- Une expédition de deux nuits aux alentours de Saut-Chien, en vue d’inventorier quelques-unes des espèces de chauves-souris présentes sur le site. L’inventaire a été élargi par les naturalistes aux oiseaux, aux amphibiens et aux odonates (libellules) dans la mesure où peu de chiroptères se sont laissés prendre dans les filets de capture. Ce sont donc finalement 4 espèces de chauves-souris, 105 d’espèces d’oiseaux, une vingtaine d’espèces d’amphibiens et quelques libellules qui ont fait de ces deux nuits d’inventaire un moment fort, dans un lieu où aucun inventaire n’avait encore été réalisé sur ces groupes d’animaux.

- Par la suite, une capture publique a été organisée au bourg de Camopi. Des filets ont été posés dans une bande boisée, afin de capturer des chiroptères et les montrer ensuite au public. Sylvain Uriot a présenté une conférence au public. Pendant ce temps, Quentin Uriot est allé relever les quelques chiroptères pris dans les filets. 

Ce sont au final 9 chauves-souris qui ont été montrées à un public d’une trentaine de personnes. Ces dernières ont pu voir les mesures prises par les spécialistes.

La proximité avec ces curieux mammifères a fasciné les personnes présentes, ravies de découvrir l’intérêt de ces fragiles animaux dans leur environnement. En effet, ce n’est pas moins de 60% des arbres de la forêt guyanaise qui sont pollinisés en partie ou totalement par les chiroptères frugivores ou nectarivores.

À la fin de cette soirée, petits et grands affichaient des regards pétillants et un sourire démontrant l’expérience inoubliable qu’ils venaient de vivre en compagnie des naturalistes. C’est donc enchanté que chacun est rentré chez soi pour rêver d’être à son tour un mammifère volant doté d’une écholocalisation que certains ont qualifiée de magique.

Identification de chauves-souris lors de la séance de capture publique à Camopi © Lucie Beague / PAG

Ce programme de sensibilisation se poursuit très bientôt par des animations avec les élèves du collège Paul Suitman sur, d’une part, les vecteurs infectieux liés aux chiroptères, et d’autre part la construction d’un gîte à chauves-souris dans le collège par les élèves eux-mêmes. Cette expérience permettra de vérifier l’intérêt des nichoirs à chauves-souris en Guyane ainsi que la récupération du guano comme engrais pour la serre du collège.